Les odeurs de mon enfance
C'est d'abord la cigarette de mon père, du tabac brun qui me rendait nauséeux dans la voiture. J 'admirais la façon qu'il avait de tenir le volant et de fumer en même temps.
Ensuite c'est l'air marin chargé de sel qui faisait du bien à mes poumons et me soûlait agréablement.
L'odeur de l'apéro anisé.
La fragrance du lilas dans notre jardin.
A l'adolescence, l'odeur du shit, entêtante qu'on oublie pas.
L'odeur de notre chienne, Gemme lorsqu'elle était mouillée par la pluie, qu'elle avait dû traîner et se rouler dans la charogne.
L'odeur de l'estuaire à marée basse, celle de la vase. L'odeur du poisson que je pêchais , celle de la cuisine de ma mère ; de son parfum, l'odeur de l'eau de Cologne.
L'eau de toilette de mon grand-
l'odeur de la colle scotch, au cours élémentaire que l'on aimait bien respirer.
Le muguet au mois de mai.
L'odeur de la sueur qui colle au corps. Celle de la crème solaire quand nous allions à la plage, et celle de la poudre lorsque nous faisions exploser des pétards.
Lettre AU Père NOËL 29/11/2011
Cher Papa Noël,
Quand tu redescendras sur Terre, je voudrais te rappeler que tous les hommes se tapent les uns sur les autres, et qu’ils préfèrent oublier les bonnes actions que tu recommandes pour se voler mutuellement et tout garder pour eux.
Si tu poses ton traîneau à côté des tours HLM de mon quartier, tu ne pourras pas rentrer dans nos appartements. Premièrement parce qu’il n’y a pas de cheminée. Deuxièmement, parce que si tu viens, on va embarquer tous tes cadeaux et ton chariot volant avec.
En plus, tu nous fais croire depuis trop longtemps que ceux qui sont sages toute l’année seront les mieux récompensés. Hé bah tu nous embobines avec tes histoires, parce que le fils du dealer de mon étage a toujours plus que tout le monde alors qu’il nous raquette à chaque récréation.
Alors, cher Papa Noël, le plus beau cadeau que tu pourrais nous faire, ce serait d’arrêter de faire plaisir aux riches et de ridiculiser les pauvres en leur refilant des oranges.
Si tu veux, tu nous dis où t’habites et on viendra nous même, les dénués du superflu, et on te montrera ce qui nous plairait vraiment d’avoir parmi tes joujoux par milliers.
Un dernier mot, si tu te décides à passer, n’oublies pas mes petits souliers, parce que mes baskets sont arrivées usées et faudrait les remplacer.